jeudi 5 février 2009

Les Libanais

Il fallait bien qu'on vous donne quelques clichés ?!

On a bien sûr retrouvé les Libanais d'Afrique, "épiciers" jusqu'au bout des doigts. Ce toubib qui nous expliqué que l'hôtel, c'est pas pour faire de l'argent, c'est pour le plaisir, en plus du cabinet. Il est le seul à proposer du chauffage dans les chambres, c'est lui qui fixe les prix et l'air de rien, il gonfle encore la note pour nous vendre un guide sur les ruines de Baalbeck qu'on n'a pas demandé !! Heureusement, à l'inverse, il y a des Libanais qui nous ont ouvert leur maison, offert à boire et à manger. Autant dire qu'on était un peu ridicule avec nos plaquettes de chocolat en retour !

On a rencontré des Libanais plein d'humour par rapport à la situation de leur pays. Ces jeunes en train de redresser la portière d'une voiture à coup de marteau "Et regardez, c'est comme ça qu'on répare les voitures au Liban" ou encore, quand le courant est coupé... De la lassitude face à la situation du pays, mais toujours exprimée avec humour.


Nicolien se moquait de Walid incapable d'estimer le temps, les distances, le nombre. On a pu vérifier par la suite. A nos questions "combien de kilomètre ? combien de temps ? combien de bus ?..." on a toujours eu des réponses complètement loufoques !


Claire

Hospitalité

Hier, en quittant Baalbek, au Liban pour Damas, en Syrie, on a emprunté le lot habituel de minibus pour se rapprocher de la frontière et dans celui qui traversait vers la Syrie, on a rencontré Faouziye, une mamie libanaise qui rentrait chez elle, dans le sud de la Syrie.
Dès qu'elle s'est aperçue que Claire parlait français, son sourire s'est élargi et elle a mis à profit cette rencontre pour refaire surgir un français enfoui depuis bien des années mais qui n'avait pris que très peu de rides.
Elle a quasiment aussi sec proposé de nous inviter, et il a fallu que Claire me le demande "au mari" si on pouvait aller chez elle pour la soirée.
Alors au lieu d'aller a Damas, on a filé (ravis) au terminus du bus, à l'extrême Sud du pays avant d'en reprendre un autre encore pour faire les derniers kilomètres juste avant la frontière jordanienne et atterrir dans un petit village de 200 ou 300 maisons sur un haut plateau volcanique planté d'oliviers.
Là, son mari attendait depuis une semaine (Faouziye revenait d'un séjour familial à Beyrouth) et n'était même pas surpris de la voir "ramener" des étrangers dans leur (très) humble demeure.
Elle nous a proposé de nous débarbouiller et a passé a Claire un magnifique pyjama vert électrique pour qu'elle se détende... magnifique je vous dis (j'ai des photos compromettantes).
La toilette faite, elle a songé sérieusement à nous nourrir, et malgré la fatigue du voyage elle s'est démenée, complètement surexcitée, à nous préparer du thé, du café, de la soupe, du yaourt, etc etc.
On a échappé à la cervelle de mouton ou je ne sais quelle spécialité goûtue du coin, ouf !
Son mari souriait de la voir ainsi et me faisait de grands discours en arabe. Je lui disais oui oui et il continuait infiniment....
Après le repas, on a eu droit à la télé, aux albums de photos, et rapidement elle est tombée de fatigue, nous aussi (surtout Claire à qui elle a littéralement tenu la jambe pendant une bonne partie de la journée).
Des matelas, des coussins et des couvertures au milieu du salon et hop nous voici partis pour une nuit bien méritée ; Claire a failli devoir dormir avec la Mamie, tellement elle la portait dans son coeur (ouf encore).
A 06 h 38, le téléphone a sonné dans la maison, et déjà les voisines prévenues la veille venaient rendre visite à ces franssaouis ; il a fallu que l'on s'arrache du sommeil et de la chaleur de la couette pour recommencer à boire des thés, cafés et du maté (boisson bizarre à base de plantes que l'on boit a travers un filtre).
On a progressivement dit que l'on allait y aller, que l'on reviendrait, que ça allait aller, etc etc.
Un peu plus tard on a repris notre voyage vers le théâtre antique de Bosra (Romain IIe AD), une merveille totalement préservée en basalte sculpté.
Et ce soir nous voici dans la cité des cités : Damas !

Olive

Titi et Gros Minet au pays du Hezbollah

Donc nous y étions au pays du Hezbollah. Et maintenant que nous sommes en Syrie, notre site est censuré. Pourtant je voulais encore vous en parler !

Dans la vallée de la Beecka et à Sour dans le sud du Liban, nous étions en effet en plein fief du Hezbollah. On est même rentrés dans la mosquée de Baalbeck où est enterrée la fille de Hussein (prophète chiite) : au sol un magnifique tapis de Titi et Gros Minet ! Le Hezbollah, mouvement chiite comme l'Iran a une réputation un peu exagérée en Occident. C'est un mouvement d'opposition qui a bien sûr du sang sur les bras, comme les autres au Liban, mais c'est aussi un parti politique avec des représentants au gouvernement, des fonds récoltés dans le pays et auprès des Libanais expatriés (12 millions de Libanais expatriés pour 4 millions au Liban) qui aident pour les écoles, les logements, les hôpitaux... C'est aussi un mouvement dont les discours évoluent. Si j'ai bien compris le Hezbollah regroupe maintenant des Chiites et des Chrétiens et le discours est plus un discours d'opposition au gouvernement qu'un discours extrémiste chiite. Bon, c'est surtout les jeunes qui sont pour. Ceux qui sont contre le disent à demi-mots. En tout cas, tous les gens qu'on a rencontrés sont mécontents de leur gouvernement, trop faible, trop corrompu, pas efficace... Les élections dans 3 mois ? "De toute façon, tout le monde achète les voix...".

N'allez pas croire que je me suis laissée embringuer !! Je crois plus que jamais à l'importance d'avoir un Etat laïc. C'était juste pour casser quelques clichés : au Liban pas de barbu assis devant leur porte avec une kalachnikov sur les genoux, pas de femme en noir de la tête aux pieds. On a été accueillis à bras ouverts partout et sans le moindre sentiment d'insécurité.

Claire

lundi 2 février 2009

La "situation", les "événements" (ici on ne parle pas de guerre civile)

Tout reste encore bien complique pour moi malgré les explications de Walid et de Nicolien. Ce qui est sur c'est que l'atmosphère est paisible en ce moment. Pas de tension entre les différents partis. Il y a ce qu'on sent dans les rues. Il y a ce que Walid et Nicolien confirment. L'année dernière, avant les "événements" la tension montait, chacun affichait haut et fort son attachement à un parti. Les grands chefs montaient en épingle toutes les petites histoires... Tout était une occasion de provoquer. Aujourd'hui c'est le contraire. Calmer le jeu et reconstruire. Alors ça construit !

Restent quand même des drapeaux et des affiches verts, jaunes ou noirs, des portraits des leader ou des martyrs, des jeunes caïds sur leur scooter qui n'attendent probablement qu'une bonne occasion pour en découdre... et puis les camps des réfugies palestiniens, royaume de la misère et de la débrouille depuis des décennies. C'est un peu désespérant de voir des petits gamins jouer avec des flingues en plastique.

Malaise en faisant le tour en voiture avec Walid des quartiers sud de Beyrouth bombardés en 2006, siège du Hezbollah. Des trous, des immeubles criblés d'impact et éventrés.

Et puis, hier, ce petit papi de Tyr qui nous disait un peu désabusé "parfois c'est calme, parfois ça recommence". Sa dernière déception, un bas relief des noces de Canaa que les jeunes musulmans avaient détruit a coup de pierres.

Claire

Pour les papilles...

Ça fait seulement 3 jours qu'on est au Liban et on a déjà goûté pas mal de bons petits plats :
- diverses salades mélangées avec des oignons, du choux, des tomates, des crêpes frites
- des languettes de fromage (comme de la féta) frits
- des lentilles aux oignons avec plein d'huile d'olive (la meilleure de méditerranée bien sur !)
- une salade de thym (aux feuilles larges) au citron
- des petits rouleaux de fromage aux herbes
- des sandwichs (crêpes roulées) avec des felafel ou des garnitures cuites un peu comme des pizza
- un poisson grille au citron et au persil...
- une soupe de riz lentille maïs à la cannelle, qui est tout à fait bienvenue ici a Baalbek ou ça caille sérieusement
C'est pas fini !!
On n'a pas attaque les sucreries... mais c'est prometteur aussi !!

Claire

dimanche 1 février 2009

Gandiose et clinquant

Plus encore ici qu'ailleurs, tout brille, et tout est clinquant. C'est en tous cas ce à quoi les Libanais aspirent. LA Mercedes de ministre, les talons aiguille, les lunettes saoudiennes en or, et des escaliers en marbre sont un "must have" dans un univers plusieurs fois démoli lors de conflits armés ou dans des guerres fratricides.

Tout le monde n'est évidement pas à la même enseigne ; les quartiers huppés de Beyrouth voient une étalage  obscène et dégoulinant de fric et de dorures et de 4x4 exagérément gros, quand les quartiers populaires bricolent des vieilles BMW à coup de marteau, mais les aspirations sont similaires. Il s'agit de montrer que l'on a réussi, dans le commerce, ça va sans dire, mais aussi peut-être d'enjoliver un peu un paysage et une vie de meurtrissures laissés par les conflits.

Ici, à Tyr, dans l'extrême Sud du pays, de magnifiques ruines romaines, avec un hippodrome, des thermes et une agora, entre autres nous rappellent à quel point les gens ont un penchant pour le grandiose et le clinquant. Et demain nous partons pour Baalbek, un autre haut lieu du grandiloquent à la romaine...

olive

Couchsurfing

Avant notre départ de France, nous nous sommes inscrits sur le site de couchsurfing.org (littéralement surf sur des canapés) pour devenir hôtes aux deux sens du terme : recevoir des hôtes chez nous à Lyon sur notre magnifique mezzanine et aller s'inviter chez des hôtes du monde entier. Nous avons profite de Beyrouth pour tester en vrai ce nouveau mode d'hébergement et n'avons vraiment pas été déçus par l'expérience. Nicolien et Walid, un couple Libano-Hollandais, nous ont superbement accueilli dans leur appartement du quartier de Hamra (Ouest-Beyrouth, quartiers musulmans) et nous ont fait découvrir leur Liban, éclairé nos lanternes sur l'histoire du pays, nourri de multiples mezza (petits plats servis dans lesquels on pioche ce qui fait le plus envie, c'est a dire tout !) et fait découvrir l'ensemble de la ville dans un grand tour de voiture alors que des trombes d'eau tombaient.
A côté de l'hôtel que l'on aurait eu habituellement, c'est incomparable et nous sommes impatients de connaître notre seconde expérience lorsque nous serons a Damas.

Olive